Homo numericus
Homo numericus

Homo numericus

Que cherche-t-on vraiment dans ces barres de recherche que nous utilisons machinalement?

Ne servent elle pas finalement à forcer le verrou du mystère ?

Et ces fameux mots clés nous ouvrent ils les portes de la connaissance universelle ou servent ils la quête dénuée de sens de vouloir tout connaître en toutes circonstances ?

Dans cette opulence d’informations et de données, il est pourtant délicat de savoir sur lesquelles s’appuyer avec confiance. Car c’est là un des paradoxes contemporains ataviquement acquis par Homo numericus. A l’heure où la confiance s’étiole et la méfiance se propage, jamais nous n’avons dévoilé autant sur nous-mêmes avec désinvolture et si peu de pudeur et de précautions.

Pour une reconnaissance sociale souvent fallacieuse et intéressée ainsi qu’une récompense non moins flatteuse d’ego, nous travestissons les faits pour qu’ils coïncident avec une image fantasmée d’une réalité collective calibrée et cultivant l’entre-soi.

Qu’en est il alors de la culture et du savoir, ces fondements essentiels qui structurent les civilisations depuis toujours ? Ces scrolls compulsifs sont ils une avancée déterminante pour une érudition qui profite à tous ou sont ils à contrario un bêtabloquant de la réflexion, une mer étale pour Narcisse modernes ? Plutôt que construire soi-même le cheminement pour acquérir un savoir, nous laissons des moteurs de recherche nous orienter vers ce à quoi il est judicieux de penser.

L’idée n’est pas de diaboliser la ressource numérique. Ce serait cocasse pour ne pas dire cynique de tenir ce genre de propos sur un support numérique équipé de sa jolie barre de recherche !!

Le problème n’est donc pas l’outil, mais la manière de s’en servir.

Arrêtons de répondre aux injonctions de performance, de résultat ou d’image.

Il faut se libérer de cette image d’Épinal du XXIe siècle qui prétend que ne pas savoir c’est perdre la face, que se tromper c’est se ridiculiser. Cette stigmatisation génère des postures fausses et des mensonges remplis de vide pour éviter la gêne. Préférer faire illusion plutôt que reconnaître sa méconnaissance est un poison insidieux qui se distille dans les méandres de l’intelligence humaine.

Il faut en finir avec l’ère de la vitesse, du volume et de l’apparence.

Retrouvons le plaisir de flâner, de rêvasser, de se laisser aller… de prendre le temps !

Notre seul exigence doit être la qualité et la diversité.

Alors retrouvons le plaisir d’apprendre, non pas pour avoir raison ou se défendre, mais pour avoir quelque chose de stimulant à partager au quotidien et entretenir l’éternité de l’instant.

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