Le droit du sol, journal d’un vertige (Étienne Davodeau)
Le droit du sol, journal d’un vertige (Étienne Davodeau)

Le droit du sol, journal d’un vertige (Étienne Davodeau)

“Relier, en marchant, deux lieux, deux actes pour les mettre en résonance.”

C’est le journal d’un vertige. C’est mon journal, moi, l’Homme.

J’ai peint ce mammouth sur les parois de la grotte de Pech Merle. Vingt mille ans plus tard je m’apprête à enfouir des déchets nucléaires sous le sol de Bure.

Voici donc deux legs aux ambitions diamétralement opposées, pour les générations futures, à huit cents kilomètres de distance.

Et pour prendre la mesure de ce qui sépare ces deux lieux, quoi de mieux que de les parcourir en marchant ?

C’est ce qu’a entreprit Étienne Davodeau. Pour partager avec nous cette expérience de la marche, aussi physique qu’intellectuelle et tellement naturelle. De son propre aveu, “Marcher ? Nous sommes faits pour ça.”

Pour faire avec l’auteur de cette bande dessinée, chaque pas. Prendre la mesure de chaque souffle, mesurer chaque effort. Et ainsi mesurer ce qui nous sépare, entre le sapiens aux peintures rupestres de Pech Merle, et le sapiens de Bure.

Sur son trajet, l’auteur nous emmène à la rencontre de personnes dont les témoignages font de cet ouvrage un récit extrêmement bien documenté. De quoi ancrer le récit dans une réalité révoltante. Davodeau ne s’en cache pas, cet ouvrage est partisan, et c’est nécessaire tellement les rapports de force sont inégaux.

L’opposition citoyenne s’est organisée autour de Bure, mais les pouvoirs publics se montrent extrêmement répressifs. En 2019, la Ligue des Droits de l’Homme a établi un rapport.

Le site d’enfouissement de Bure est toujours à l’état de “projet”. Mais les pouvoirs publics veulent le faire passer au statut “d’utilité publique”. En attendant, une forêt a été rasée. Un puits d’enfouissement expérimental a été creusé, pour se faire la main. Des gens, opposants au projet, sont interdits de séjour sur les communes autour du site. Un type a peint un mammouth dans une grotte, il y a vingt mille ans de ça, aujourd’hui encore on peut l’admirer. Davodeau a marché et écrit un livre sur cette marche, il estime que ce bouquin que j’ai entre les mains pour réaliser cet article résistera à l’épreuve du temps plusieurs centaines d’années. A votre avis, des déchets nucléaires ça vit combien de temps ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.